Le chef de file de l'organisation patronale a par ailleurs évoqué "l'incompréhension" des commerçants face à la gestion des évènements par les autorités.
Michel Picon, le 24 septembre 2025, à Matignon ( AFP / ALAIN JOCARD )
"Ce sont des voyous". Après un week-end de pillages à grande échelle à travers le pays, Michel Picon, le président de l'U2P a appelé lundi 19 octobre à plus de répression policière contre les "voyous", exprimant son sentiment que les autorités ne veulent pas "faire de vagues" et laissent dégrader des biens.
"Les jeunes qui disent 'ça va pas dans mon lycée, je suis inquiet pour mon avenir (...) ils ont raison et s'ils sont obligés de descendre dans la rue, il faut accepter ça", a affirmé le représentants de l'Union des entreprises et commerces de proximité.
"Le sentiment d'un 'pas de vague'"
Mais "à partir du moment où la manifestation est terminée" et où "les braves gens qui revendiquent leurs droits n'étaient plus dans la rue", "ceux qui restent là doivent avoir en face d'eux des méthodes beaucoup plus radicales, nous semble-t-il, sinon je ne sais pas comment on va s'en sortir", a-t-il plaidé, sans détailler les méthodes qu'il préconise. Car "ce sont des voyous", a-t-il estimé.
"Nous on a le sentiment d'un 'pas de vague', le syndrome Malik Oussekine qui serait susceptible de se reproduire et de déstabiliser l'Etat", a-t-il dit à l'AFP.
Malik Oussekine était un jeune homme mort après avoir été frappé par des policiers en marge d'une manifestation en décembre 1986. Son décès avait engendré de nombreuses conséquences dont la démission du ministre de l'Education d'alors Alain Devaquet.
"Mais l'Etat peut être déstabilisé aussi par une incapacité à faire régner l'ordre et la sécurité", a dit M. Picon. Il a évoqué auprès de l'AFP "l'incompréhension" parmi les adhérents face à "la gestion de ces évènements" par les autorités, jugées trop clémentes avec les casseurs.
Le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie en France (CCI France) Alain Di Crescenzo a lui évalué les dégâts à "des centaines de millions d'euros".
Lecornu veut éviter la "casse sociale" chez les commerçants
Pour répondre aux commerçants, le gouvernement a annoncé "déclencher le chômage partiel dès demain [mardi] (...) tout de suite à 100%". "Il n'est pas question qu'il y ait de la casse sociale dans cette affaire", a défendu le Premier ministre Sébastien Lecornu à la mi-journée.
Un fonds de soutien spécifique destiné aux commerces sinistrés, dont "au moins" 3.000 ont été touchés en France selon le gouvernement, verra aussi le jour afin de les aider à faire face à des besoins de trésorerie. "Il faut permettre aux commerçants de redémarrer très vite. Redémarrer très vite, c'est ne pas abîmer, évidemment, les emplois", a fait valoir le chef du gouvernement.
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